Eté dansant et feux de joie !

Met­tons-nous d’accord une bonne fois pour toutes. Ce n’est pas comme ça que la tem­pé­ra­ture va bais­ser et le réchauf­fe­ment cli­ma­tique capi­tu­ler. Les dames (intel­lec­tuel­le­ment) hon­nêtes et les mes­sieurs réa­listes vont l’admettre.

Moi, les pom­piers, je veux bien entendre par­ler de leur corps (je veux dire leur corps mili­taire bien sûr), deux fois par an : en plein hiver à l’occasion du calen­drier, et en plein été, lorsqu’ils orga­nisent leur bal. Mais là, je trouve que depuis le prin­temps, ils exa­gèrent. C’est vrai, il n’y en a que pour eux : la tour infer­nale à Londres, le Por­tu­gal, la région Paca, la Corse, le Per­thus… et vas-y que je me bats contre des incen­dies dan­tesques jour et nuit, et vas-y que je vole au secours des gens, bar­bouillé en ramo­neur, que je fais du rase-motte sur la mer dans un gros avion jaune si bruyant qu’on n’entend même plus les cigales (celles qui res­tent). Certes, mes­sieurs les Sapeurs, vous ris­quez votre vie pour nous ou à cause de nous, mais pour­riez-vous attendre la fin de la sieste ?

Tour­nons la page du bal des cana­dairs et reve­nons au bal des Pom­piers. Figu­rez-vous que cette tra­di­tion a une his­toire, ou plu­tôt deux his­toires puisque, comme d’habitude en Gaule, deux écoles au moins s’opposent ne serait-ce que par principe.

Les uns disent que dans les années 30, alors qu’elle ren­trait du défi­lé mili­taire d’un pas caden­cé, la bri­gade des sapeurs-pom­piers de Mont­martre s’est fait suivre par un petit groupe de badauds jusqu’à la caserne. Le ser­gent Cour­net demande au colo­nel Buf­fet, res­pon­sable des lieux, l’autorisation d’ouvrir les portes aux curieux et de pour­suivre la fête tous ensemble. Celui-ci accepte. Citoyens et pom­piers célèbrent pour la pre­mière fois le 14 juillet lors d’un grand bal com­mun ! Feux de Ben­gale, démons­tra­tions de gym­nas­tique, simu­la­tions de départ de feu… les sapeurs-pom­piers mettent le paquet côté ani­ma­tion. Forte de son suc­cès, l’idée se pro­page aux autres casernes pari­siennes les années sui­vantes. La guerre de 1939-1945 met en sus­pens cette tra­di­tion mais, depuis, plus aucun 14 juillet ne se déroule sans bal des pom­piers, notam­ment à Paris.

Mais pour d’autres, cette his­toire - bien que sym­pa­thique - ne tient pas la route : « Les bals de pom­piers ont com­men­cé bien avant, au début du XXe siècle, cer­ti­fie Roland André, auteur de l’Histoire des sapeurs-pom­piers (édi­tions Sut­ton). A l’origine, notre pro­fes­sion n’avait pas le droit de danse le 14 Juillet. Une par­tie du régi­ment par­ti­ci­pait au défi­lé sous les dra­peaux, et tous les autres étaient réqui­si­tion­nés, prêts à bon­dir si besoin ». Les pom­piers consi­gnés se seraient mis à invi­ter des dames sur le pas de la porte de la caserne (voir plus haut). Et, de fil en aiguille, les ami­cales des pom­piers auraient déci­dé d’organiser leur propre bal, chaque année, le 13 ou le 14 juillet.

Que ce soit à Hyères, Saint-Cyprien, Agde, Bas­tia, en Bre­tagne, sur la côte Basque, par­tout en France, chaque année, nos pom­piers convient habi­tants et vacan­ciers à dan­ser et s’amuser ensemble. C’est l’occasion d’allumer le flam­beau de l’amitié, voire d’enflammer quelques cœurs, et sur­tout de remer­cier ces hommes et femmes d’abnégation et de combat.

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