Alors, heureux ?

Le meilleur moment, quand on part en vacances, c’est par­fois le plus stres­sant : celui des valises à pré­pa­rer. De deux choses l’une : soit l’on s’y met en famille, quitte à vivre d’interminables négo­cia­tions ; soit l’on confie les arbi­trages à un seul, qui aura la lourde charge de ne rien oublier, les bigou­dis chauf­fants, le jet den­taire, le dou­dou du petit der­nier. Et qui aura bien sûr le pri­vi­lège de tout caser dans la voiture.

Car une semaine loin de la mai­son et de ses auto­ma­tismes ras­su­rants, c’est Ren­dez-vous en Terre incon­nue sans filet.

Une famille de quatre per­sonnes signi­fie aujourd’hui, en moyenne : deux télé­phones mobiles, deux tablettes, deux ordi­na­teurs por­tables, une ou deux Nin­ten­do « DS », sachant que la télé­vi­sion est réser­vée pour l’arrivée.

Dans les années 60/70, les seuls objets « connec­tés » à empor­ter étaient le cam­ping-gaz et la cocotte-minute pour la cuis­son des hari­cots verts après la plage. Sur place, on ne trou­vait pas de lave­rie, mais une bas­sine en plas­tique, un paquet de les­sive Bonux, quelques pinces à linge et du fil à accro­cher aux branches des pins. Point d’espaces bien-être, Mon­sieur se rasait au blai­reau et Madame met­tait de la crème Nivéa après le bain de soleil. Point de WIFI ou de SMS, mais des cartes pos­tales chez le mar­chand de bouées-jour­naux. Point d’aquagym, de tobog­gans aqua­tiques ver­ti­gi­neux, ou de soi­rées clé-en-main, mais des par­ties de pétanque, de mille-bornes ou de macra­mé. Point de plats tout prêts, mais des pommes d’amour ou des bei­gnets sucrés après la purée cocotte-minute et les côte­lettes camping-gaz.

Etait-ce mieux alors ? Est-ce mieux main­te­nant ? Peu importe. L’essentiel est de se sou­ve­nir de tout ça, pour pla­cer son cur­seur d’exigence sur le mode bien­veillance, avant de dépo­ser un avis capri­cieux sur TripAdvisor.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *